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Lorsque Colombe arrive chez sa grand-mère pour une « grand-messe » familiale,
elle ne semble pas très enthousiaste ! Il faut dire que dans cette ruche
débordante d’activité, personne n’a de temps à consacrer à la fillette.
Heureusement, il y a Ferdinando, l’arrière-grand-oncle. Bien sûr, Colombe
ne comprend pas toujours les réactions de ce vieux fou, enfermé dans son
histoire tragique pleine de secrets, prostré dans la mémoire douloureuse
de son épopée cubaine, vieille de quarante ans.
Pourtant, la complicité qui unit ces deux êtres-là paraît plus forte
que tout.
Et puis, il y a aussi la tante Rita, l’autre originale de la famille,
le globe-trotter architecte qui vole d’un continent à l’autre... en passant
par Cuba !
Quand Rita entre en scène et propose à Colombe de l’emmener passer ses
vacances à Cuba, notre héroïne a bien du mal à garder son calme.
Cuba, son soleil, ses plages, ses paysages idylliques, ses fruits généreux
! Colombe se voit déjà sur un petit paradis.
Il est vrai qu’elle n’a jamais bien compris pourquoi Ferdinando pleurait
de colère chaque fois qu’il parlait de « là-bas », en injuriant des fantômes
sans autre nom qu’un « ils » énigmatique. Quand le vieil homme profite
d’un tête à tête pour lui demander d’aller chercher un trésor caché depuis
quarante ans, la fillette est bien décidée à éclaircir tous ces mystères
qui ont bercé son enfance.
Les premiers jours à Cuba ne sont pas aussi exaltants que Colombe l’avait
imaginé. Elle trouve bien une sorte de paradis avec son hôtel de luxe,
sa croisière en yacht, mais tout cela ne parvient pas à masquer le malaise
grandissant qu’elle ressent.
Pourquoi les cubains sont-ils durement exclus des lieux touristiques ?
Pourquoi Jorge, son nouvel ami, n’a-t-il pas d’argent alors que son père
est architecte ? Pourquoi n’y a-t-il rien à vendre dans les magasins ?
Et surtout, pourquoi chacune de ces questions est-elle ponctuée d’un «
tu comprendras plus tard, c’est trop compliqué ! »
Lorsque la tante Rita se décide enfin à livrer quelques explications,
elle met la fillette en garde : ici, on se garde bien d’exprimer la moindre
critique à l’égard du régime politique sinon les ennuis risqueraient d’être
sans bornes, même avec ses propres amis !
Dans ces conditions, il est bien difficile de confier à Jorge l’histoire
du trésor. Colombe est de plus en plus mal à l’aise et multiplie les gaffes
auprès de sa nouvelle bande d’amis. Poussée par leur amitié - et leur
questions insistantes -, elle finit par avouer une partie de son secret
:
elle doit retrouver l’ancienne demeure de son vieil oncle.
La bande de Jorge se révèle alors d’une efficacité remarquable :
Carbo, l’intello qui résoud toutes les énigmes, Coqui, le petit futé
qui se faufile partout, Maruchi, la peste au grand coeur, tous s’enflamment.
La maison est vite retrouvée : l’ancienne demeure de Ferdinando est devenue
un collège, le collège des amis de Colombe !
Mais, quand Mort-Subite, le surveillant général, certifie aux enfants
que l’ancien propriétaire a commis tous les crimes possibles contre Cuba
et ses révolutionnaires, les esprits s’échauffent Maruchi accuse Colombe
de les avoir « embobinés ». Notre héroïne, profondément blessée, s’enfuit,
rejoint sa tante et abandonne tout espoir de ramener à Ferdinando le moindre
petit souvenir de son passé.
C’est bien méconnaître la bande de Jorge. Que vont-ils alors découvrir
?
Le trésor existe-t-il vraiment ? Que recèle-t-il du passé du vieil homme
?
Et cette belle femme ? Si belle ? que Colombe a aperçue sur des photos
d’archives, qu’est-elle devenue ? D’autres questions plus angoissantes
assaillent les enfants : Comment détourner l’attention de ce terrible
« Mort-Subite » ? Comment ne pas éveiller l’attention de la police ?
Et si Colombe était accusée d’espionnage !
Les derniers chapitres du roman sont si exaltants qu’il est bien difficile
pour le lecteur de garder son calme ! Les amateurs d’aventure seront ravis
tout comme ceux qui affectionnent les histoires d’amitié.
Le fond politique de cette histoire ne gêne en rien sa compréhension et
constitue une belle leçon d’humanité et de tolérance.
Brigitte LHIVER
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